Dans le cadre du premier Thailand Content Market (TCM) de juillet 2026 à Bangkok coorganisé par TACGA (Thai Animation & Computer Graphic Association), notre ambassadeur Quentin Auger a donné une conférence suivie d’un entretien sur scène à propos de l’IA dans l’animation, apportant un regard Européen sur le sujet, principalement français mais enrichi des premiers retours internationaux du think tank « AI 4 Animation » d’Annecy coorganisé par le collectif un mois plus tôt.
Cet événement regroupe des expositions, des rencontres professionnelles et des conférences des domaines de la TV, du jeu vidéo, de l’animation, et des effets spéciaux, côtés tournage, diffusion, marketing et merchandising, focalisé sur le marché de l’Asie du Sud-Est qui est fortement influencé par le très puissant marché chinois voisin. L’idée était de croiser les observations, tendances et adaptations sur le sujet, entre continents.
En résumé, les observations sont les mêmes, frappées d’une certaine schizophrénie des créateur.ices et des publics qui sont attirés et « consomment » autant qu’ils rejettent « l’IA » au sens large. L’intervieweur, Prin Nimmannitya, à la tête d’un studio VFX de Bangkok, remontait d’ailleurs l’expérience récente d’un film de publicité créé classiquement en 3D, et jugé faussement par le public « 100% IA », décrédibilisant à la fois le studio et son client ! Des making-of ont dû être réalisés en sus pour réparer l’image des partenaires qui pourtant n’avaient pas utilisé d’IA…
Ce terme, « IA », autant que « Vertical » (formats courts pour téléphones, qui déboulent en Asie, et passent à l’IA en masse comme on l’a analysé dans notre résumé de la rentrée) étaient les deux key-words phares de l’événement. Les personnes rencontrées notaient que se dessinaient deux types de marchés : l’un « full IA » ou proche avec sa propre logique industrielle et financière complétement réinventée, et l’autre, de l’audiovisuel « classique », qui peut (ou pas) s’enrichir d’IA tout en conservant et en cultivant les savoir-faire des métiers traditionnels. En vérité, pour le moment du moins, en Thaïlande, il semble que peu d’IA soit ouvertement intégrée dans les pipelines traditionnels, qui d’ailleurs n’avaient jamais versé dans la mode du « Temps Réel » et du « Unreal Engine à tous les étages » non plus, malgré des studios souvent multi-activités, partagés entre le film/séries et le jeu vidéo.
Dans tous les cas, les adoptions et les adaptations s’accélèrent en orient, tout comme à Hollywood, et les métiers et attitudes de consommation d’œuvres audiovisuelles sont plus ou moins brutalement bouleversés. Les échanges et les dialogues entre communautés internationales en sont d’autant plus précieux et fertiles !
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