Nous avons pris connaissance de la pétition adressée au Festival international du film d’animation d’Annecy et à CITIA – Image et Industries créatives concernant la place accordée à l’intelligence artificielle lors de l’édition 2026.
Nous laissons le soin à CITIA de répondre aux interrogations qui leur sont adressées. Nous souhaitons cependant préciser la démarche de notre collectif et le rôle qui nous a été confié dans cette initiative.
Les préoccupations exprimées dans ce texte sont légitimes. Elles reflètent des interrogations profondes qui traversent aujourd’hui l’ensemble de la filière : respect des droits des créateur·ices, impact sur l’emploi, conséquences environnementales, concentration des pouvoirs technologiques, évolution des modèles économiques et préservation de la création humaine.
Ces questions méritent d’être prises au sérieux.
C’est précisément dans ce contexte que les organisateurs du MIFA ont sollicité Creative Machines?. Nous avons été invités à contribuer à la constitution et à la modération d’un Think Tank réunissant des professionnel·les du monde entier et avec des sensibilités diverses. Cette sollicitation est liée aux travaux d’étude, d’expérimentation et de veille que nous menons depuis plusieurs années sur ces sujets. Nous analysons ces technologies avec esprit critique afin de mieux comprendre leurs effets dans les ICC. Le « ? » est là pour ça : questionner ces technologies constitue le cœur même de notre démarche.
L’IAG soulève des enjeux qui dépassent largement les seules questions de productivité ou d’organisation du travail. Les débats actuels touchent à des dimensions juridiques, sociales, environnementales, économiques et culturelles qui concernent l’ensemble de la société. Il nous semble donc essentiel que la filière puisse disposer d’espaces de discussion ouverts, pluralistes et documentés.
Nous sommes convaincus qu’une filière ne se protège pas en refusant de regarder une transformation en cours, mais en développant les connaissances nécessaires pour l’analyser, l’encadrer et, lorsque nécessaire, en limiter les usages.
Le Livre Blanc qui découlera de ces travaux n’a pas vocation à promouvoir des solutions technologiques. Il vise à documenter les enjeux, faire émerger les questions prioritaires pour la filière et nourrir les discussions entre professionnel·les, organisations représentatives, institutions, écoles et décideurs publics.
Nous partageons une conviction simple : la création humaine doit rester au cœur de nos métiers.
Pour la défendre durablement, il est nécessaire de comprendre les mutations qui l’affectent, d’en mesurer les risques comme les éventuelles opportunités et de construire collectivement les réponses adaptées.
C’est dans cet esprit d’écoute, de dialogue et de réflexion critique que s’inscrit notre participation à cette initiative, et que plusieurs ambassadeur·rices seront présent·es pour restituer cet évènement et notre travaux pendant le festival.